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MAD T1

Quand on parle de manga, il ne faut pas uniquement limiter ce médium à son propre paysage. Les auteurs et autrices peuvent trouver l’inspiration dans bon nombre d’autres domaines et notamment dans les différents types d’arts. Et s’il y en a un qui a donné pas mal d’idées, c’est bel et bien le cinéma. Mais pourquoi est-ce que je vous parle de ça ici ? Tout simplement parce que le titre que l’on va aborder aujourd’hui en est un très bon exemple tout en cherchant à construire sa propre route. Je parle ici de MAD chez Kazé qui vient de faire ses débuts et qui est aussi disponible sur Manga Plus. Une nouvelle série accueillie en grande pompe par l’éditeur qui nous montre les ambitions derrière celle-ci. Curieux par rapport aux nombreux retours autour de cette licence, je me suis dit que j’allais tenter l’aventure. Et il ne faut pas longtemps pour comprendre à quel point ce titre fait justement un très bon rapprochement entre manga et cinéma. Une œuvre qui s’inspire de l’un pour enrichir l’autre et ceci de manière pertinente. Il est grand temps de vous emmener dans un monde où le moindre bruit peut être fatal.

Le silence est d’or

Même si le synopsis peut sembler assez léger, cela suffit amplement pour cerner ce qui nous attend dans ce premier volume de MAD. D’ailleurs, c’est justement dans cette simplicité que le manga va tirer toute sa force. Ici, même si les mystères seront nombreux, il est avant tout question d’échapper à la mort qui peut prendre bien des formes. Une plongée en enfer qui doit se faire dès les premières secondes de lecture et où on y arrive très bien ici et ce pour plusieurs raisons. Nous ne sommes pas uniquement devant une aventure post-apo haletante, mais aussi face à une histoire qui porte en elle de multiples influences.

Un récit inspiré et prenant

Autant le dire tout de suite, MAD est un manga de peu de mots. Dès ce premier volume, on sent le désir du mangaka de proposer un récit qui va jouer énormément sur le visuel plutôt que sur de longs monologues. Et c’est là aussi que l’on ressent les multiples inspirations de l’artiste pour façonner son récit. On pense évidemment à “Sans un bruit” quand on voit cette invasion alien où le moindre bruit peut attirer l’attention de ces monstres. Mais de même, le design de ces derniers peut faire penser à plusieurs créatures bien connues de l’univers de la SF horrifique dont notamment le xenomorphe. Mais est-ce que le manga se repose trop sur ça ? En fait, je trouve justement qu’il arrive à utiliser judicieusement ces éléments sans pour autant être dans la simple copie. On ressent totalement l’envie du mangaka de se faire plaisir et de rendre hommage à tout ce pan du cinéma et à l’art qui en découle. On le voit très bien dans les séquences qu’il nous propose où l’on a un découpage épuré mettant à l’honneur l’action du moment. Il y a une vraie proposition artistique qui est créée pour justement concilier ces deux formes d’art au sein de cet ouvrage. De plus, le titre se veut aussi comme un bon gros divertissement où l’on va rapidement être emporté par la tension omniprésente où le danger est partout. Mais ce qui est justement bien, c’est que le titre s’axe sur deux parties dans cette introduction. En premier lieu, on nous plante le décor, notre protagoniste, mais aussi la menace ambiante qui entoure les survivants. 

On voit pertinemment que le moindre son est synonyme de fin pour leur voyage et notre première rencontre avec l’un de ces aliens est extraordinaire. En seulement quelques cases, on sent tout le danger que représente cet être venu d’ailleurs et aussi le sentiment d’impuissance face à lui. C’est là aussi que je trouve que le personnage de John est intéressant. On nous le dépeint comme un individu ayant tout perdu et voulant quasiment en finir, mais qui finit par avoir un regain de vie à l’approche de la mort. Il symbolise très bien cette peur que tout s’arrête et l’envie de survivre malgré toutes les souffrances vécues. De même, son passé est à la fois mystérieux et tragique donnant envie d’en apprendre plus. Mais si cela construit toute l’atmosphère pesante de ce début d’aventure, la suite n’est pas en reste. La raison à ça est que l’on nous rappelle que les extraterrestres ne sont pas les seuls dangers qui résident en ce monde. Alors que tout le monde cherche à subsister d’une façon ou d’une autre, on nous met en garde contre la confiance mal placée. On joue sur notre paranoïa et notre méfiance à l’égard des autres humains. Ce qui fait que même quand l’action s’éloigne et que l’on pense pouvoir souffler, on ne peut s’empêcher d’être sur nos gardes. C’est ce qui fait que l’on est autant tenu en haleine tout au long de cette lecture. Un récit qui s’amuse avec nous tout en portant fièrement ses inspirations cinématographiques pour construire une histoire simple, mais pourtant diablement efficace.

On sent clairement à quel point MAD met à l’honneur tout cet héritage cinématographique tout en l’appliquant à l’univers du manga. Le pari est réussi pour ce premier volume qui arrive, en très peu de temps, à poser son décor et surtout cette quête de survie. On avance en compagnie de John dans ce monde où le danger est omniprésent. Si l’on nous présente les aliens comme une menace redoutable, on nous fait aussi comprendre que la méfiance est aussi de mise à l’égard de l’être humain. Une œuvre qui se veut donc aussi prenante que savoureuse et cela dès cette introduction.

MAD entame sa survie

Ce premier volume de MAD était attendu et je peux comprendre pourquoi. Il faut dire qu’il a tout pour délivrer un divertissement remarquable. Et il suffit de quelques minutes pour être pleinement plongé dans cette histoire. Mais ce que j’apprécie surtout, c’est la manière dont le mangaka ne s’embête pas de certains détails afin d’aller à l’essentiel. Il nous montre que tout passe ici par la “caméra” qu’il s’invente pour suivre son protagoniste. En seulement quelques mots, on comprend où l’on met les pieds et surtout ce qui nous attend. Et cela n’empêche pas du tout la série de nous délivrer des éléments intrigants pour la suite. Justement, plus on progresse dans les chapitres et plus on se pose des questions sur ce qui entoure l’arrivée de ces aliens, mais aussi ce qui peut être caché par certaines personnes. Mais surtout, je trouve que le manga réussit à jouer admirablement bien sur cette atmosphère oppressante. On avance en ayant la boule au ventre en imaginant le pire. Surtout que l’on se dit qu’il suffit d’une toute petite erreur d’inattention pour que ces monstres rappliquent afin de tout ravager. On sent pleinement le fait que l’être humain est maintenant une proie et que ça le pousse aussi à se battre avec ses semblables pour espérer survivre un jour de plus. Pareil pour John qui est très loin du héros sans peur. Au contraire, c’est un homme tout à fait banal dans son comportement et qui s’accroche à la vie de peur de mourir tout en portant un lourd poids sur ses épaules.

C’est pour toutes ces raisons que j’ai trouvé ce premier volume de MAD plus que réussi. Le genre d’expérience littéraire où l’on va apprécier rapidement le spectacle qui s’offre à nous. Au même titre qu’un film, on a le sentiment d’être devant un écran géant à observer le destin de ces personnages luttant pour qu’il existe encore un lendemain. Alors oui, ce n’est pas forcément l’œuvre qui cherche à aborder des thèmes profonds, mais ce n’est pas ça qui fait sa force. Le mangaka veut surtout, par le biais de son récit, nous partager son amour du cinéma et proposer une aventure qui puisse rapidement nous emporter dans une quête intense et oppressante. Le mélange SF – post-apo – horreur fonctionne à merveille et il faut aussi reconnaître la qualité du trait de l’artiste qui sait parfaitement mettre en avant le désarroi de ses personnages tout en représentant à merveille ce rapport prédateur et proie qui s’installe. Si vous avez envie d’un show de haute volée qui saura vous prendre aux tripes alors n’hésitez pas. A présent, j’ai tout de même quelques questions qui me viennent à l’esprit suite à tout ça. Est-ce que l’on va en apprendre plus sur le passé de John et ce qu’il a pu vivre pour arriver là où il en est ? Va-t-on découvrir d’autres groupes de survivants et seront-ils des alliés ou bien des ennemis ? Ces envahisseurs vont-ils nous en apprendre plus sur eux et la raison de leur venue sur cette planète ? Est-il seulement possible d’inverser la tendance ? J’ai très hâte de voir comment la série va évoluer.

N’hésitez pas à partager dans les commentaires votre propre avis ainsi que votre ressenti concernant ce premier volume de MAD. Trouvez-vous que le titre réussit à proposer un début haletant et intrigant ? Etes-vous curieux d’en voir plus sur la quête de survie de notre protagoniste ? Est-ce que le manga réussi, selon vous, à créer une véritable angoisse venant autant des aliens que des hommes ? Pensez-vous que l’on va continuer à plonger dans le désespoir au fur et à mesure de notre découverte de ce monde en ruine ? Qu’attendez-vous pour la suite de la licence ? Je reste à votre disposition pour échanger, discuter et débattre autour de ce sujet.

 

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