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Pourquoi j’aime #62 : Ace of Diamond

Comme vous le savez, c’est devenu un rendez-vous récurrent sur le blog, il est grand temps de vous proposer un nouveau “Pourquoi j’aime”. Dans ces chroniques, j’ai déjà abordé à quel point le genre du manga sportif avait construit ma passion du médium alors que je ne suis pas forcément le plus grand amateur de ce type de discipline. Il y a toujours une faculté des artistes japonais pour donner envie de s’intéresser à toutes ces histoires où il est question d’esprit d’équipe, de dépassement de soi et de camaraderie. Et je me suis dit qu’il était grand temps de repartir sur le terrain pour vous parler cette fois de baseball. C’est un sport qui, même s’il n’est pas le plus répandu en France, est numéro un au Japon. On a le droit à énormément de séries tournant autour et je vais traiter cette fois de l’une d’entre elles. Il s’agit tout bonnement d’Ace of Diamond chez Mangetsu dont l’anime est aussi disponible sur Crunchyroll. Dans cette œuvre, on retrouve tout ce qui fait le charme de ce genre d’aventure tout en voyant des qualités qui sont propres à celle-ci. Préparez-vous pour un match endiablé !

Le Baseball comme si on y était

Pour bien commencer, je me dois de parler de réalisme. Ace of Diamond fait partie de cette catégorie de titres sportifs que j’aime qualifier de simulation tant on est proche de ce que l’on peut voir dans n’importe quelle équipe. Chaque match est détaillé avec une précision chirurgicale : stratégies défensives, choix de lancers, psychologie du batteur, rôle du receveur, fatigue physique, pression mentale, erreurs humaines… Rien n’est simplifié ou exagéré pour le spectacle. Les parties durent parfois plusieurs chapitres, avec des allers-retours tendus, des comebacks réalistes et des moments où un seul mauvais lancer peut tout faire basculer. Terajima montre le baseball tel qu’il est vraiment : un sport d’équipe où le talent individuel ne suffit pas sans cohésion, entraînement rigoureux et intelligence tactique. On ressent totalement les enjeux propres à chaque match. Les défaites font mal, et les victoires sont durement gagnées. Ici tout repose sur le travail, la persévérance et les petites améliorations progressives. Ce qui fait qu’à chaque fois que l’on observe l’une de ces rencontres, on a l’impression que tout ça est réel. On ressent chaque petit élément qui fait le sel de cette discipline. Mais surtout, on ressent toute la passion du mangaka pour ce sport et son envie de ne pas simplement écrire une histoire autour du baseball. On est ici devant une série qui veut totalement nous immerger dedans et vibrer au même titre que tous ces personnages à chaque balle lancée ou renvoyée. Une intensité folle sans mettre de côté une part plus instructive pour permettre ainsi aux néophytes de découvrir ce sport d’équipe. On n’est plus juste lecteur, mais supporter de ce club qui donne tout pour être au sommet de cette compétition qui ne fait aucun cadeau.


Un protagoniste qui a du chemin à parcourir

Eijun Sawamura est clairement l’une des autres qualités de Ace of Diamond. On voit ici un gamin déterminé à briller dans ce sport qu’il aime tant et qui, malgré les échecs et ses lancers si particuliers, ne renonce jamais. Il arrive dans ce lycée avec pour seules armes son talent brut et cette volonté à toute épreuve. Et à côté de ça, il a de nombreux défauts : manque de contrôle, immaturité, ego surdimensionné et peu d’expérience en équipe. Son évolution est lente, douloureuse et extrêmement satisfaisante : il traverse des périodes de doute, de faiblesse physique et morale, des rivalités internes, des blessures d’orgueil, et doit travailler dur pour gagner sa place parmi les meilleurs. Pas de transformation soudaine : chaque progrès est le fruit d’entraînements acharnés, de conseils de ses aînés et de leçons apprises sur le terrain. Finalement, tout ça fait qu’il est très humain dans sa construction. Il est loin d’être exempt de défauts et pourtant il représente cette envie de ne rien lâcher pour son rêve. Un vrai modèle à ce niveau où l’on peut s’identifier à lui. De plus, il incarne le parcours d’un outsider qui gagne sa place à la force du poignet. Après tout, il débarque dans un club où il y en a déjà tellement qui sont présents, tout aussi talentueux que lui, et qui luttent chaque jour pour être parmi les titulaires. Et quand on prend du recul, on se rend compte que malgré toute cette tension qui pèse sur lui, il continue d’avancer. C’est l’incarnation d’une détermination à toute épreuve et nous délivre une incroyable leçon qui ne se limite pas uniquement au sport, mais à la vie de façon générale. Surtout qu’il y a une évolution constante de son écriture qui fait que le gamin pouvant être imbuvable au début va progressivement se transformer en un joueur accompli et proche de ses coéquipiers.


Une équipe de légende

Voilà un autre point que je ne peux mettre de côté tant il est important dans l’appréciation globale du manga. L’un des plus grands atouts d’Ace of Diamond est sa galerie de personnages secondaires ultra-développés. Miyuki le capitaine/receveur charismatique et pourtant très taquin, Furuya le rival talentueux mais immature, Chris le vétéran blessé qui guide Eijun, Haruichi le petit frère discret mais surdoué, sans parler des coachs qui accompagneront ces joueurs… Chaque membre de l’équipe (et même des équipes rivales) a une personnalité distincte, des forces, des faiblesses et un arc personnel. Terajima passe du temps à explorer leurs backstories, leurs motivations et leurs relations, ce qui rend leur écriture d’autant plus marquante. On aborde alors une chose essentielle quand on parle de ce manga. J’ai évoqué plutôt les qualités du personnage d’Eijun en tant que protagoniste. C’est à travers son prisme que l’on suit le quotidien de cette équipe. Mais en réalité, il n’y a pas qu’un héros au sein de ces pages. Ce n’est pas seulement l’histoire d’Eijun : c’est celle de tous ces joueurs qui donnent tout sur le terrain pour décrocher la victoire. Cela a une incidence notable sur notre manière d’apprécier le récit. Si l’on est happé par les progrès de cette jeune recrue, on va aussi s’investir dans l’évolution et les prouesses des autres membres de cette team. Ce récit va autant se focaliser sur les victoires personnelles permettant à chacun de grandir que cet effort collectif vital au baseball. Nous ne sommes plus là pour un seul gars, mais pour encourager ces lycéens qui donnent tellement pour ce sport afin d’atteindre les sommets. Cela passe par des défaites terribles, certaines désillusions, des confrontations, parfois même des abandons, mais aussi une magnifique leçon de camaraderie.


Une maîtrise du match

Impossible d’évoquer ce titre sans parler de ce qui fait aussi l’âme de celui-ci : le baseball. Les matchs dans Ace of Diamond ont su m’envoûter pour quasiment chacun d’entre eux. Des affrontements tendus et intenses où l’on n’est jamais sûr de qui l’emportera. Chaque rencontre contre les écoles rivales se transforme en un véritable événement avec des enjeux énormes : qualification pour Koshien, place dans l’équipe, fierté personnelle. Même une rencontre qui peut sembler amicale peut avoir une incidence sur l’avenir de certains joueurs. On nous prouve à quel point tout ça peut créer un poids sur les épaules de ces adolescents qui peuvent être impactés à jamais par une défaite. Le mangaka réussit constamment à construire une symbolique derrière ces affiches pour que les personnages en retirent toujours quelque chose. Comme je l’ai aussi évoqué un peu plus haut, ce manga se présente aussi comme une excellente introduction au baseball. C’est bien pour ça que l’œuvre se veut aussi complète afin que le lecteur puisse s’imprégner des règles pour mieux apprécier ce qu’il va regarder. Mais au-delà de ça, s’il y a un élément qui est parfaitement représenté dans ce récit, c’est l’aspect stratégique du baseball. Rien n’est laissé au hasard et c’est pour ça que l’on va assister à des oppositions qui ne sont pas uniquement physiques. Chaque lancer, batteur, position ou trajectoire de tir est pensé pour obéir à une tactique bien précise. Et c’est absolument grisant de voir comment ces joueurs tentent de gagner l’ascendant psychologique tant il s’agit d’une composante essentielle pour décrocher la victoire. Surtout que même une stratégie bien rodée peut échouer et dans ce cas, ce sont aux joueurs de s’adapter pour s’en sortir. Tout ça est incroyablement bien représenté au sein de ces pages en plus d’y insuffler une grande part d’émotions. C’est là aussi où l’artiste frappe un grand coup, car il n’a pas peur de montrer des défaites et leur impact. Une aventure sportive qui prouve à quel point le baseball est bien plus complexe et palpitant à suivre qu’on ne pourrait le croire de prime abord.


Des thèmes universels

On arrive maintenant au dernier élément de cette liste. Et s’il y a une chose que je voulais citer en parlant de ce titre pour conclure cette chronique, c’est celle-ci. Au-delà du baseball, Ace of Diamond délivre un message puissant et réaliste sur le travail acharné, la persévérance face à l’échec et l’importance de l’esprit d’équipe. Il n’est pas question ici de montrer que tout va aller pour le mieux. Même si ces joueurs donnent tout ce qu’ils ont, la défaite n’est pas écartée pour autant. C’est justement réussir à se relever face à l’adversité qui rend cette histoire aussi forte. L’auteur ne minimise en aucun cas le sens d’une défaite et même au contraire va bien la mettre en avant. Ce n’est pas juste pour emmener ses protagonistes dans la tourmente, mais pour leur permettre de grandir à chaque épreuve. Terajima montre que même les plus talentueux doivent trimer, que les ego doivent être mis de côté pour le collectif, et que les échecs font partie du chemin. Le manga célèbre la passion, l’amitié forgée dans l’effort et la beauté du sport sans jamais tomber dans le sentimentalisme facile. Cette maturité thématique, combinée à un ton à la fois drôle et sérieux, fait d’Ace of Diamond une œuvre inspirante qui résonne bien au-delà des amateurs de baseball. On pourrait se dire que ces thèmes sont récurrents à bon nombre de séries sportives et c’est tout à fait vrai. Mais avec Ace of Diamond, je trouve que l’on a l’une des expériences les plus complètes en la matière et qui ne se limite pas à gagner ou perdre. Une grande importance est donnée aux moments se déroulant hors des matchs et même de l’entraînement. On est plongé dans le quotidien de ces étudiants qui donnent tellement pour ce sport qui rythme leur vie. Et on apprend à connaître ces gens au-delà du maillot et du terrain. On voit alors qu’ils sont adolescents ordinaires, mais capable de grandes choses de par leur passion débordante et leur soif de victoire. Une ode à ce que l’être humain est capable de réaliser au bout de tant d’efforts et de tentatives.

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