Phoenix Wright---Ace Attorney---Objection-! 2

Phoenix Wright : Ace Attorney – Objection !

Tiens, en finissant récemment le premier opus de la saga Phoenix Wright, je me suis dit que ça pourrait être intéressant de vous proposer un retour dessus. Cependant, je ne voulais pas juste faire un avis global sur ce titre que j’ai déjà fait plusieurs fois, mais proposer un axe un peu plus particulier. J’y ai réfléchi et je me suis dit que ce qui pourrait être pertinent, ce serait de vous faire un petit avis sur chaque affaire composant le jeu. Après tout, c’est un très bon moyen d’exprimer mon ressenti sur cette aventure dans son ensemble tout en se focalisant sur ce qui fait l’âme de ce titre : les différentes enquêtes. C’est pourquoi on va s’attarder aujourd’hui sur les cinq chapitres composant ce premier épisode afin de vous donner mon analyse sur chacun d’entre eux. Surtout que c’est, je trouve, particulièrement intéressant de voir comment chaque procès cherche à se différencier, les petites erreurs qu’il peut y avoir et aussi ce qui contribue au charme de la franchise. On est donc parti pour un petit tour d’horizon de ce qui lança la carrière de notre cher avocat de la défense. Préparez-vous à crier votre meilleure OBJECTION !

La première volte-face

Phoenix Wright - Affaire 1

Pour bien commencer, on se concentre sur la première affaire qui va servir évidemment de tutoriel pour les joueurs. Ici, pas de phase d’enquête, mais surtout une session procès qui va ainsi donner toutes les mécaniques nécessaires pour ce qui forme l’ADN de la licence. Et il faut reconnaître que dès ce premier opus, on a le droit à un lancement réussi avec une affaire qui est à la fois accessible et sympathique à suivre. C’est, je pense, la meilleure façon d’apprendre, car toutes les mécaniques nous sont proposées par rapport à tout ce qui concerne ce segment qui est celui où l’on peut vraiment subir un game over. En plus de ça, le procès en lui-même est à la fois simple et prenant. On a tout ce qu’il faut pour bien saisir les mensonges des témoins, les erreurs dans les témoignages ainsi que comprendre quand il faut attaquer ou non. Surtout que tout ça peut s’expédier assez rapidement et c’est idéal pour rentrer dans le jeu et ainsi se préparer aux plus grosses affaires à venir. D’ailleurs, en parlant de l’histoire de ce premier chapitre, je trouve aussi que l’on introduit efficacement la plupart des personnages principaux notamment Phoenix, Mia ainsi que d’autres figures récurrentes. Une excellente mise en bouche qui n’est pas frustrante et qui permet alors d’entamer la suite sous les meilleurs auspices. Le seul petit bémol serait potentiellement dans le procureur Boulay qui est loin d’être charismatique et qui va surtout devenir l’adversaire récurrent en début d’opus pour se faire la main. En outre, mais c’est plus global au jeu en lui-même, mais le gameplay est assez limité puisque l’on peut surtout attaquer et présenter des preuves. Cependant, c’est justement dans cette limitation des mécaniques de jeu que l’on se rend compte à quel point l’écriture et le rythme sont d’autant plus maîtrisés. En résumé, une bonne introduction !


La volte-face des soeurs

Phoenix Wright - Affaire 2

J’attaque maintenant la deuxième affaire et celle-ci est très bien dans ce qu’elle amène autour de l’univers de Phoenix Wright. En effet, c’est celle qui va introduire Maya, Tektiv ainsi que Hunter, des personnages importants et réguliers dans la franchise. Ainsi, rien que d’un point de vue construction narrative et ajouts dans le lore, cette seconde enquête est particulièrement importante. Surtout que l’on va avoir le droit à un crime qui va être un sacré coup de massue alors que l’on est à peine au premier épisode du jeu et à son deuxième acte. Cependant, si l’affaire en elle-même fonctionne bien et que l’on va ainsi se confronter à notre rival de toujours à travers des batailles d’objections endiablées, cela va aussi amener quelques points qui me dérangent un petit peu. Le premier est que l’on réutilise un peu trop rapidement certains éléments du premier acte dans cette suite même si cela va bien plus loin que ça. On est presque plus dans une continuité qu’un nouveau cas à résoudre. Un autre point, mais qui est plus global que ça est le cas de Mia qui est, à mes yeux, un personnage qui a un rôle important, mais parfois beaucoup trop. Je ne spoilerai pas ici, mais elle a parfois un effet Deus Ex Machina qui me dérange un peu surtout quand c’est face à des réflexions pourtant faciles. Cela donne parfois une image assez particulière de Phoenix qui ne semble pas du tout réfléchir alors que la solution est assez simple. Mais en dehors de ça, il est aussi important de souligner que cette volte-face est celle qui va installer d’autres éléments importants pour la suite des procès. Des éléments qui peuvent paraître anodins, mais qui vont prendre tout leur sens tout au long du jeu. En conclusion, voilà un deuxième acte toujours aussi efficace et qui va surtout avoir un rôle fort dans la mise en place des fondations de cet univers.


La volte-face du samouraï 

Phoenix Wright - Affaire 3

Alors là, on attaque une affaire qui ne met pas tout le monde d’accord. En effet, je sais qu’il y a pas mal de gens qui apprécient l’enquête autour du Samouraï d’acier, mais j’avoue avoir du mal de mon côté. Il ne s’agit pas tant du rythme ou du déroulé des investigations que d’un ressenti personnel. Je ne suis pas le plus grand fan des personnages qui vont être au cœur de cette histoire et je trouve, personnellement, qu’il y a quelques lenteurs dans celle-ci. En plus de ça, on est sur un cas assez rare où il va n’être nullement question d’un fil conducteur avec les autres affaires que l’on peut avoir. Elle se suffit à elle-même et est surtout l’occasion de voir notre binôme en action. C’est peut-être ça qui est l’une des grandes forces de cette partie, car elle est avant tout perçue comme la véritable première enquête où Maya et Phoenix sont partenaires. Malgré tout, on a aussi le droit à des moments forts sympathiques et même très drôles notamment avec les interventions d’un personnage bien précis. Concernant le crime en lui-même, je tiens à noter qu’il y a quand même un très bon travail qui est fait autour du principal rebondissement. Là où les précédentes enquêtes étaient un peu résolues d’avance du fait que l’on voit dès le départ le criminel, ici nous sommes plongés dans l’inconnu. En y repensant, on peut percevoir ce troisième chapitre comme étant celui qui nous lance véritablement dans le rôle d’avocat. On ignore si notre client est innocent ou non et l’on fait de notre mieux pour récolter les preuves et témoignages nécessaires pour démêler le vrai du faux. On laisse ainsi de côté le fil rouge tissé depuis quasiment le départ pour nous proposer une affaire qui, finalement, représente le quotidien de Phoenix.


Adieux et volte-face

Phoenix Wright - Affaire 4

A présent, on entame ce qui est, à mes yeux, la meilleure affaire de ce premier opus de la saga. Il faut savoir qu’à l’origine, il s’agissait de la dernière enquête venant conclure Phoenix Wright : Ace Attorney dans sa version d’origine. Et quand on la lance, on comprend totalement pourquoi. Dès sa scène d’intro, on va être totalement sous le choc en comprenant qui l’on va défendre et en essayant de comprendre ce qui a bien pu se passer. C’est là que l’on va voir tous les éléments se rejoindre avec, notamment, ce que l’on a pu découvrir dans certains de nos précédents procès. Ici, on met avant tout à l’honneur ce cher Benjamin Hunter et aussi son mentor qui sera justement notre “adversaire ultime” de cet épiosde. Là encore, Manfred Von Karma est une réussite dans son écriture en tant que personnage détestable et avocat semblant invaincu. On a l’impression de n’être qu’une marionnette entre ses mains tandis que l’on fait au mieux pour empêcher notre client d’être condamné. Mais surtout, on va aller de révélation en révélation pour un déroulé absolument grandiose. On a le droit à certains échanges mythiques, mais surtout un face-à-face d’exception pour notre cher Phoenix. En fait, je pourrais facilement faire une chronique entière sur cette affaire autant de ce qu’elle raconte que de son impact sur l’ensemble du jeu. Et en plus de ça, on ressent tellement toute la tension dramatique qu’il peut y avoir autour des principaux acteurs. Un parfait exemple d’écriture remarquable afin que la tension monte crescendo à chaque nouveau rebondissement. L’une des enquêtes mythiques de toute la franchise et à juste titre tant il y a de qualités à celle-ci. Un scénario plus que convaincant où il est question de remords, de jalousie, de vengeance et aussi d’amitié.


Phoenix renaît de ses cendres

Phoenix Wright - Affaire 5

On attaque la dernière affaire et comme je l’ai évoqué précédemment, celle-ci est venue s’ajouter dans la version DS de Ace Attorney. Une des raisons est qu’elle permettait aussi d’utiliser les fonctionnalités du stylet pour permettre des nouveautés dans le gameplay. Déjà, c’est une bonne là-dessus étant donné que ça va apporter quelques variantes durant l’enquête et ainsi nous donner encore plus le sentiment d’être sur le terrain pour chercher le moindre indice. Cependant, il faut aussi parler du principal défaut de cette dernière partie qui montre un très gros problème de rythme. En effet, on sent que cette cinquième partie a été pas mal tirée en longueur notamment dans la première enquête et session du procès. Surtout que les témoignages proposés ainsi que les réponses ne sont pas forcément les plus claires possibles. Ce qui fait que l’on a du mal à rentrer initialement dans cette histoire alors que pourtant l’affaire en question a de quoi interpeller. Car oui, c’est sûrement le plus frustrant étant donné qu’il y a énormément de potentiel derrière ce segment. Après tout, on nous plonge ici dans un crime à la fois terrible et qui va nous emmener au cœur de la police. Cela permet de développer grandement une partie du lore de l’univers de Phoenix Wright en se focalisant sur les forces de l’ordre. Surtout que dès que l’on entame la seconde moitié de l’affaire, tout devient beaucoup plus prenant et réussi. C’est notamment avec l’arrivée d’un antagoniste que la tension monte de plusieurs crans. Les qualités sont là, notamment dans l’écriture des dernières phases d’enquête et de procès. Certains des personnages sont touchants et aussi profondément tragiques ce qui fait que l’on a ce contraste remarquable entre le côté goofy que l’on peut retrouver dans la licence et des souffrances bien réelles par rapport à ce qui s’est passé. Une enquête qui est donc en demi-teinte avec un début laborieux pour ensuite nous amener à une enquête bien plus palpitante.

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