Le dernier écrivain-T1-2

Le dernier écrivain T1

Aujourd’hui, le sujet de l’IA est omniprésent et inquiète beaucoup de gens à juste titre. Une technologie qui a fait un bond fulgurant ces dernières années et qui fait partie intégrante de la vie de nombreuses personnes maintenant. Et si ce changement inquiète, il peut aussi être source de thématiques pour certains artistes afin de parler de ce sujet à la fois complexe et difficile, notamment en ce qui concerne le domaine artistique. Et cette fois, on va parler d’un de ces titres avec l’une des dernières nouveautés des éditions Glénat : Le dernier écrivain. Rien qu’au nom, on peut avoir une idée de ce qui nous attend, mais j’étais vraiment curieux de découvrir cette histoire. Il faut dire que c’est assez rare pour le moment d’avoir des mangas qui abordent aussi franchement le thème de l’intelligence artificielle et ça montre ici une envie de soulever des questions à ce sujet, mais aussi de mettre en garde. Et je dois dire qu’après la lecture de ce premier volume, je trouve que l’artiste s’en est très bien tiré dans sa manière de représenter ce futur. Préparez-vous à faire un bond dans le temps dans une société où écrire est devenue une affaire de prompt.

Un long sommeil

Quand on se penche sur le synopsis du Dernier écrivain, on peut se demander vers quel genre celui-ci se dirige. Après tout, il est autant question ici de futur avec une direction presque d’anticipation, mais aussi un récit plus personnel et tranche de vie. En réalité, cette série va utiliser avec brio tous ces éléments pour créer une histoire qui se veut à la fois introspective et ouverte sur ce monde en perpétuel changement. On va poser les yeux sur cet écrivain en se demandant bien ce que donnera sa nouvelle œuvre dans une société pour qui l’art a pris une tournure terne et surtout ce qu’elle reflètera de la vie de Yagura ainsi que ses choix.

L’imaginaire face à la technologie

Comme je l’ai évoqué précédemment, j’étais très curieux de ce premier volume. Le dernier écrivain se présentant comme un manga traitant de l’intelligence artificielle, cela pouvait donner lieu à une histoire vraiment d’actualité. Mais au-delà de simplement traiter ce sujet, l’auteur va surtout façonner un récit captivant autour de son protagoniste. Car oui, il faut attendre un moment avant que l’on parle d’IA dans le manga. Toute la première partie du tome est surtout là pour nous plonger dans le quotidien de Sugai et des nombreux problèmes qu’il vit. On le présente comme un auteur loin d’être célèbre et qui ne sait plus s’il doit persévérer dans cette voie ou non. On nous le présente comme un jeune homme torturé, en proie au doute et à qui l’on va annoncer une nouvelle difficile à entendre. Si je garde la surprise de cette information, il faut tout de même savoir qu’elle est la principale raison de son entrée en hibernation. Mais même avant ça, le mangaka prend aussi le temps de développer sa relation avec sa petite amie. Une rencontre qui va changer sa vision des choses et lui donner la force d’avancer. Ainsi, le récit va réellement se découper en deux phases bien distinctes entre ce présent qui est devenu passé et ce futur qui finit par devenir son présent. Je trouve que toute cette première partie est importante, car elle permet de voir toutes les étapes par lesquelles est passé cet artiste en perdition qui a finalement trouvé une raison de tenir le coup.

Cela donne de l’empathie pour ce personnage qui, finalement, n’a pas grand chose d’extraordinaire. Mais c’est justement dans sa normalité qu’il est pertinent, car il est le reflet de chacun de nous qui cherchons à lutter chaque jour pour donner une raison à notre existence. Vient ensuite le bond dans le temps qui change la donne pour Sugai. On nous le présente comme devenu un auteur à succès suite à la montée en puissance de l’IA. Ses œuvres humaines se confrontent aux écrits de ces machines et on plonge alors dans une opposition aux enjeux bien plus grands. Ce que j’apprécie ici, c’est que l’on n’est pas dans une bataille où chacun campe sur ses positions, mais plus sur un appel à ne pas oublier la créativité. En propulsant un jeune homme qui n’avait pas le succès parmi les meilleurs auteurs dès son réveil, on met en avant l’importance de la création humaine. De plus, cette quête, dans laquelle on s’aventure en sa compagnie, n’est pas là uniquement pour faire plaisir au reste du monde qui attend un nouveau livre. C’est avant tout un ouvrage qu’il va dédier à ceux qui ne sont plus là tandis qu’il évolue dans une société qui lui est totalement étrangère. Cela apporte une dimension humaine particulièrement importante et porteuse de messages forts. Alors que tous posent le regard sur Sugai, on veut juste qu’il puisse être fier de ce qu’il va écrire et surtout que cela colle à cette vision partagée de l’écriture qu’il pouvait avoir avec sa petite amie. Un manga qui a largement de quoi faire réfléchir tout en offrant une histoire qui nous fend le coeur.

Il n’y a pas à dire, je trouve cette lecture fascinante dans ce qu’elle raconte. Le dernier écrivain est un manga qui cherche à confronter la créativité d’un auteur qui se pensait perdu et raté face à une société où la technologie a pris le pas sur toute forme d’art. Et je trouve que l’écriture du manga pousse à réfléchir à ce qui nous entoure et à ce possible futur que nous évoque l’artiste au sein de ces pages. Un monde où il est important de se recentrer sur notre propre créativité et de réussir à mettre des mots sur ce que l’on peut ressentir. On bascule alors dans un slice of life futuriste captivant.

Le dernier écrivain entame son manuscrit

Je suis vraiment content d’avoir craqué pour ce manga. Le dernier écrivain est le genre de titre qui montre à quel point ce médium n’a pas pour unique rôle de nous divertir. Il peut servir à traiter des sujets d’actualités et à nous questionner sur ce qui nous entoure. C’est totalement le cas ici concernant l’intelligence artificielle qui a une place de plus en plus présente dans notre vie à tous même quand on est contre. Et même avec un sujet aussi sensible, je trouve que le mangaka s’en sort extrêmement bien en étant à la fois dans une forme de critique, mais à l’égard de ceux qui utilisent l’IA et qui ne cherchent pas à créer par eux-même. Cela se ressent totalement dans l’un des dialogues entre notre protagoniste et un autre personnage. On ouvre alors les yeux sur ce que donnerait une société où écrire, imaginer et transmettre sont maintenant confiés à de la technologie. Face à ça, nous n’avons pas un homme désireux de bousculer les mentalités, mais simplement de faire prendre conscience de tout ça et de l’importance de garder un esprit créatif. Rien que pour l’épanouissement personnel et c’est justement là que le nouveau projet de notre héros est aussi prometteur. Il ne le fait pas tant pour les autres que pour lui et ceux qui ont cru en son travail à son époque. Alors même qu’il a enfin atteint la célébrité, Sugai comprend que s’il écrit, c’est avant tout pour lui et ceux qui lui sont proches. C’est aussi ce qui permet à ce premier volume de briller dans sa notion d’humanité en donnant envie de croire aussi en lui et ce qu’il écrira. 

Je peux donc dire que j’ai eu un très beau coup de cœur pour Le dernier écrivain. Un titre qui a su me surprendre alors même que j’avais déjà pas mal d’attentes. Ne cherchant pas à être moralisateur ou à imposer un camp, l’artiste nous dépeint surtout une réalité qui pourrait devenir la nôtre et à nous rappeler ce que l’on ne doit pas perdre de vue. Surtout qu’à travers son protagoniste, il est loin de montrer une existence heureuse. Sugai est un jeune homme qui va connaître le pire, voir ses rêves s’effondrer, prendre des mauvaises décisions, mais aussi avancer grâce aux autres. Le récit d’un homme qui abandonne tout derrière lui dans l’unique but de réussir à tenir cette promesse qu’il a pu faire. Un souhait qui perdure même après un siècle d’hibernation et qui va sûrement amener au projet le plus important de sa vie. J’ai alors autant envie de savoir comment son prochain manuscrit bouleversera cette société que de simplement le voir être fier du travail qu’il abattra. Vraiment, le genre de récit que je recommande au plus grand nombre tant on peut ressortir de cette lecture avec des messages importants. J’ai tout de même plusieurs questions qui me trottent maintenant dans la tête. Est-ce que le prochain roman de Sugai réussira vraiment à convaincre les gens de ce futur ? Va-t-il découvrir une importante vérité autour de son amour d’antan ? Est-ce qu’il va réussir à changer la vision de l’IA au niveau de la création et de l’art ? Quels seront les obstacles qui se dresseront sur sa route ? Il me tarde de me plonger dans la suite de cette aventure.

N’hésitez pas à partager dans les commentaires votre propre avis et ressenti concernant ce premier volume pour Le dernier écrivain. Trouvez-vous que les thèmes abordés sont à la fois réalistes et bien amenés ? Est-ce que vous pensez que ce type de récit est important pour éveiller les consciences ? Cette lecture vous a-t-elle fait voir d’un autre oeil tout ce qui touche à l’IA ? Avez-vous envie de voir ce que donnera le roman de cet auteur qui a dormi pendant si longtemps ? Etes-vous curieux d’observer le rôle qu’il aura ? Qu’attendez-vous pour la suite de la licence ? Je reste à votre disposition pour échanger, discuter et débattre autour de ce sujet.

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