La Ballade de Ran-Vol.-2-FIN

La Ballade de Ran tome 1 et 2 : le récit d’un grand guerrier

Dans cet univers incroyable et riche qu’est le manga, il existe des œuvres en tout genre. Des titres qui durent depuis des années comme des séries qui ne font qu’une brève apparition. Malgré tout, cela ne veut pas dire qu’une courte licence est moins intéressante qu’un ouvrage déjà bien implanté. Il faut donc toujours donner sa chance à des récits qui ne durent que quelques tomes afin de voir ce qui se peut se cacher derrière. C’est exactement le cas pour le manga que l’on va aborder aujourd’hui et qui nous provient tout droit du catalogue de Doki-Doki. Il s’agit de La Ballade de Ran dont les deux volumes constituant cette aventure sortent demain. Le fait de se lancer dans une série qui se termine directement à travers son deuxième tome peut nous sembler étrange. Après tout, on se demande si une histoire peut tenir sur aussi peu de matière. Pourtant, cette saga a prouvé que court ne veut pas pour autant dire moins intense. Une épopée brutale et spectaculaire qui sait comment organiser un spectacle explosif. Le temps est donc venu d’écouter le récit d’un homme menant un combat d’une grande importance.

Se battre contre la corruption

La Ballade de Ran - combat

Vaincre la souillure.

La Ballade de Ran, imaginé par Yûsûke Osawa, nous plonge dans un monde médiéval-fantasy où l’on fait la connaissance de True. Cette demoiselle est une ménestrelle voyant d’une région à l’autre à la recherche de sujets pouvant enrichir son répertoire. Ne connaissant, pour l’instant, qu’une seule chanson, elle espère un jour pouvoir raconter les des faits qui apporteront la joie chez tous ceux qui l’écouteront. Malheureusement, les gens passent le plus clair de leur temps à se moquer d’elle à cause de cet unique récit qu’elle conte. Alors qu’elle se pose dans un petit village afin de se reposer et aussi d’y exprimer son art, elle va faire la connaissance d’un homme qui va changer sa vie à jamais. Le nom de ce dernier est Ran et celui-ci fait partie des exterminateurs de Karmas. Personne n’ignore à quel point ces individus peuvent se montrer redoutables. Leur but est de protéger ces contrées des monstres féroces ayant succombé au mal qui les consume. Si cela est un objectif louable, peu de gens ont du mal à apprécier la présence d’un tel personnage chez eux. En effet, ils sont autant le signe avant-coureur d’une catastrophe imminente que des monstruosités allant à l’encontre de la nature humaine. Une mise à l’écart qui peut sembler totalement injuste à l’égard de ces hommes et femmes qui se battent au péril de leur vie pour préserver une certaine paix en ce monde. En plus de ça, ils sont condamnés à décliner à force d’absorber le mauvais karma de leurs proies.

Des parias dont Ran ne fait pas exception. Malgré tout, le jeune homme ne peut s’empêcher de se rapprocher de True après avoir entendu sa prestation. A ses yeux, la jeune fille est capable d’apporter un peu de bonheur à ceux qui l’entourent rien que par ces quelques paroles. Une manière, à ses yeux, bien plus noble de réconforter les gens et d’apaiser les âmes tourmentées. C’est alors que ce dernier se lance à la poursuite d’un nouvel ennemi que True va se décider à l’accompagner. En voyant le combat qui s’ensuit, la demoiselle va alors comprendre ce qu’elle doit faire dès à présent. Une décision qui va l’amener à côtoyer bon nombre de dangers, mais qu’elle est prête à prendre sans la moindre hésitation. Pour la première fois, la jeune femme a enfin trouvé une histoire qui soit digne d’être contée. Son objectif est de donner vie à la ballade de ce guerrier solitaire qui lutte inlassablement pour des gens qui n’ont que du dédain à son égard. Un récit épique, mais qui pourra peut-être aussi changer le regard de ces habitants qui ne cherchent même pas à comprendre les souffrances ressenties par ces protecteurs de l’ombre. Ainsi débute le périple de ce duo pour le moins atypique. Leurs pas pourraient bien les conduire à croiser le fer dans des affrontements grandioses, mais aussi à se retrouver mêlée à un complot dépassant tout ce qu’ils auraient pu imaginer.

La Ballade de Ran joue habilement sur les codes de la dark-fantasy afin de proposer un univers assez sombre où le danger semble omniprésent. En plus de ça, on nous dépeint ici des protecteurs craints par le peuple qu’ils sont censés protéger. Un parti-pris qui permet de ressentir encore plus d’empathie à l’égard de ces guerriers qui se sacrifient pour que les ténèbres n’emportent pas ce monde. Un synopsis qui, à la base, peut sembler assez commun, mais qui va être parfaitement utilisé pour donner vie à une aventure qui parvient à nous divertir pleinement et surtout à rapidement nous plonger dans ce qu’elle souhaite nous raconter.

De la fantasy efficace

Il peut sembler parfois difficile de réussir à construire un univers intéressant aux yeux du lecteur en seulement deux volumes. Pourtant, La Ballade de Ran y parvient avec aisance. En fait, l’aspect fantasy va être amené de manière non pas à nous éblouir, mais bel et bien à nous repousser. Tout ce qui semble surnaturel sur ces terres est déformé ou bien synonyme de danger immédiat. Il n’y a qu’à voir les créatures qui se dressent sur la route de Ran pour comprendre ça. Le karma qui les a contaminés et transformés en monstres terrifiants rend donc cette splendeur néfaste. On ressent donc pleinement cette volonté de faire peur et d’insuffler la terreur chez le commun des mortels. D’ailleurs, on s’identifie bien plus à un simple citoyen ici qu’à notre guerrier. Nous ne sommes que les témoins impuissants d’un combat dont la grandeur nous dépasse totalement. C’est là qu’entre en jeu le point le plus crucial pour l’immersion du lecteur. En réalité, True la ménestrelle est un peu notre représentante. Elle n’a aucun pouvoir ou bien de capacités surhumaines. Malgré tout, elle désire à tout prix accompagner cet homme dans sa mission qui le conduira un beau jour à sa perte. La mort a beau entouré ce dernier, son envie de bien faire et le charisme qui s’en dégage nous donne envie de le suivre. Si la jeune femme souhaite faire perdurer l’héritage de son compagnon de route, nous aussi nous parvenons à transmettre la flamme qui laisse en étant spectateur de sa lutte.

Un autre aspect sur lequel se démarque ce titre est la qualité de ses dessins. Le mangaka fait un travail remarquable pour insuffler de la grandeur dans chacune de ses planches. Il n’y a qu’à avoir ces bêtes gigantesques que l’on rencontre pour être figés sur place. On se sent réellement tout petit en voyant ces êtres se mouvoir et se lancer dans leur funeste marche. Cela ne fait que renforcer l’aspect épique de ce conte qui souhaite justement souligner à quel point le combat semble inégal. Une volonté de souligner que chaque combat mené est un véritable exploit. On ressent pleinement ça et l’on est subjugué par la maîtrise du trait qui joue énormément sur l’ambiance globale de la série. Pareil pour les armes ou les armures, tout est dessiné et imaginé afin que celles-ci collent à l’univers et cela fonctionne à merveille. Tout respire cette aura macabre qui fait toute la puissance de ce voyage et qui parvient souvent à nous donner des frissons. On sent ainsi que tout a été pensé pour consolider l’immersion du lecteur et lui donner cette impression de faire partie de l’aventure en tant que spectateur privilégié. Pareil, pour le reste de l’intrigue qui va continuer à nous enfoncer un peu plus dans ces ténèbres qui rongent ce monde et ce que la nature humaine a pu engendrer comme monstres. Une virée saisissante et qui sait comment utiliser la fantasy pour dépeindre un tableau bien sombre.

Quand on s’attarde sur ces deux premiers volumes de La Ballade de Ran, il est intéressant de voir comment l’auteur parvient à tout préparer pour que tout tienne en si peu de pages. Un récit que l’on débute et qui se termine seulement quelques minutes après. Si l’on pourrait être frustré de voir une série s’arrêter seulement après son deuxième volume, le voyage qui nous est proposé ici n’a pas besoin de plus. Un excellent condensé de tout ce qu’il fallait pour raconter une histoire simple, épique et prenante. Il n’en faut parfois pas plus pour faire voyager le lecteur qui observe avec attention ce qu’il se passe devant lui.

Un court et intense récit

La Ballade de Ran - sourire

Un sourire qui en dit long.

Encore une fois, La Ballade de Ran n’a clairement pas besoin de plus de tomes. Bien évidemment, on aimerait voir cet univers prometteur être le sujet de nombreuses aventures. Malgré tout, ce qui nous est conté est déjà formidable. C’est encore plus remarquable lorsque l’on se rend compte à quel point le titre parvient à traiter son sujet avec efficacité. Être constamment au contact de ces civils qui répugnent l’idée de devoir accueillir un homme comme Ran provoque immédiatement une certaine amertume de notre part. Après tout, il fait de son mieux pour les protéger et tout ce qu’il reçoit comme récompense est un déni total, et même une exclusion déchirante. Malgré tout ça, on ne voit jamais celui-ci fébrile ou même avoir une once de haine à l’égard de ces gens. Bien au contraire, cela ne fait que renforcer sa détermination à accomplir son devoir. Il y a donc une profonde fatalité qui découle de cet objectif qui le consume petit à petit. Cela renforce cette rage qui peut nous habiter, mais aussi notre désir d’assister à tous ces affrontements qui rythment sa vie. D’ailleurs, l’opposition qu’il y a entre le commun des mortels et ce groupe semblant surhumain est bien amené jusque dans les dernières pages. Rien n’est écrit dans le marbre et cela est parfaitement amené au sein de ces pages. Une œuvre qui sait autant divertir que nous offrir un conflit très important dépassant le simple cadre du monstre contre l’être humain.

Ainsi, si l’on a constamment la menace des monstres qui plane au-dessus de ces innocents, on se rend compte aussi que l’être humain peut aussi être terrifiant. Qu’il s’agit parfois de mauvaises décisions du passé qui peuvent entraîner tout un peuple dans l’obscurité la plus totale. Là encore, le manga se permet plusieurs niveaux de lecture qui permettent à ce simple divertissement de se transcender. Tout étant très condensé, on a aucunement le temps de souffler et ça permet d’être quasiment toujours dans l’action. Une manière d’appuyer l’urgence de la situation et c’est encore plus vrai dès lors qu’arrive la seconde grosse partie de l’œuvre. Ce qui est formidable, c’est que la symbolique de la ballade est parfaitement représentée tout au long de notre périple. Même le fait que le manga soit uniquement constitué de deux tomes contribue à donner cet aspect bref, mais fort. C’est comme si on écoutait cette chanson qui fut composée en l’honneur de cet homme et que les souvenirs de sa composition refaisaient surface. Une façon impressionnante de montrer l’importance de cet héritage transmis par le chant et qui permet à un simple humain de devenir immortel. Une utilisation redoutable de ce concept de base et qui offre une expérience savoureuse et formidable. Cette épopée fait alors partie de nous et l’on ressasse avec joie tout ce qui eu lieu autour de Ran et de ses compagnons.

La Ballade de Ran est un peu à l’image de cette chanson que compose cette jeune ménestrelle. Un petit moment dans le temps où l’on se laisse transporter par ces quelques notes chargées d’une brève, mais fascinante histoire. Il est donc nécessaire, et même pertinent de prendre cette œuvre ainsi. Cela permet d’apprécier pleinement ce qui nous est proposé. Un voyage pouvant être à la fois glauque et sombre, mais qui n’oublie jamais de préserver cette lueur d’espoir montrant que tout est possible. Des combats grandioses et des personnages charismatiques pour la création d’une petite légende que l’on prend plaisir à écouter.

La Ballade de Ran nous enchante

La Ballade de Ran ne se présente nullement comme la série qui se voulait ambitieuse dans le temps. D’ailleurs, ce n’est aucunement ce que l’on pouvait espérer même si l’univers nous semblait attrayant. Le mangaka a parfaitement su créer une quête dont l’intrigue va se complexifier au fil des pages pour finir en une apothéose dans son dernier acte. Porté par de sublimes dessins, on se sent réellement tout petit et faible devant ces immenses créatures qui assaillent ce monde. De même, Ran, True et tous les personnages qui vont croiser leur route ont ce petit quelque chose qui fait que l’on s’attache à eux. Une sympathie qui s’exprime autant par leur personnalité que par cette humanité qui les entoure. On a d’ailleurs bien plus d’empathie et d’intérêt pour eux que ces autres individus qui ne font que craindre ce qu’ils ne comprennent pas. Ainsi, le récit veut autant nous raconter une histoire épique et grandiose qu’un conte plus personnel et parfois déchirant. A cela s’ajoute aussi l’idée de cette ballade qui est en réalité la véritable quête derrière toute cette affaire. Un hommage très touchant pour ce combattant qui dédie sa vie à la protection des autres et qui ne demande aucunement la moindre récompense en échange. Voilà un titre qui sera su nous divertir de la première à la dernière case tout en jouant habilement sur cette noirceur globale pour finalement en tirer quelque chose de positif. Un message fort qui mérite le coup d’œil et qui est englobé par une formidable épopée.

On ne demande pas aux mangas de perdurer dans le temps. Il n’est pas nécessaire de s’étaler sur des dizaines de tomes pour pouvoir proposer une épopée littéraire qui soit plaisante. C’est même parfois plus pertinent de se concentrer sur un objectif précis pour que l’auteur puisse donner tout ce qu’il souhaite. La Ballade de Ran le montre très bien et a réussi à nous occuper sans le moindre problème. A travers son design travaillé, son univers à la fois sombre et enivrant et ses personnages attachants, ce titre a de très bons atouts à revendre. Un petit coup de cœur que l’on vous recommande avec grand plaisir. Si vous êtes fan d’univers où la fantasy se présente sous un jour presque macabre ou que vous souhaitez une lecture courte, mais intense, alors vous trouverez sûrement votre bonheur dans ces pages. Le fait que l’on soit obligé de faire nos adieux à ce petit groupe aussi vite qu’on les a accueillis donne ainsi une sensation unique. L’émotion est palpable et l’on se met juste à imaginer la suite de leurs péripéties. Des personnages de fiction, mais qui continuent de perdurer dans l’esprit du lecteur au même titre que cette chanson. Le voyage aura été de courte durée, mais il n’aura rien enlevé à la magie omniprésente qui découle de ces cases. Voilà une série qui sait comment capter l’attention des gens et qui va droit au but sans jamais dévier de sa route. La suite de cette épopée est maintenant entre les mains de l’imagination des lecteurs.

N’hésitez pas à partager dans les commentaires votre propre avis ainsi que votre ressenti sur La Ballade de Ran. Trouvez-vous que le format court pour cette série est largement satisfaisant ? Auriez-vous aimé accompagner nos héros dans plus de péripéties ? Avez-vous apprécié l’ambiance ainsi que le dessin propre à cette licence ? Trouvez-vous qu’il y a eu suffisamment d’enjeux tout au long de ce périple ? Les personnages ont-ils su trouver de la sympathie à vos yeux ? Est-ce que les combats vous en ont mis plein les yeux ? Qu’imaginez-vous pour l’avenir de nos amis à présent qu’ils sont libres ? On reste à votre disposition pour pouvoir échanger, discuter et débattre autour de ce sujet 🙂

© 2017 Osawa Yusuke, Fujimi Shobo

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