Directive 8020 - Bannière

Directive 8020 : un cycle sans fin

Comme je l’ai évoqué depuis plusieurs semaines, je prends énormément de plaisir à vous parler gaming. Revenir sur les jeux que j’ai pu finir et vous dire en quoi ceux-ci sont intéressants sont des approches que j’aime énormément écrire. Même si juin n’est pas le mois le plus prolifique pour moi en matière de jeux finis, il y a tout de même un premier titre que j’ai pu finir et platiné. Il s’agit de la dernière production de Supermassive Game : Directive 8020. C’est ce studio qui nous a offert Until Dawn et a lancé toute cette vague d’expériences interactives horrifiques. S’inspirant grandement du cinéma d’horreur, mais aussi de séries du même genre, les développeurs ont aussi mis en place la “Dark Pictures Anthology” regroupant plusieurs petites productions formant une anthologie complète. Et je dois dire que j’apprécie cette proposition qui, même si ce ne sont pas des jeux grandioses, arrive à nous faire passer un bon moment. Notre sujet du jour est le dernier né à rejoindre cette “collection” et même si je savais que j’allais sans doute apprécier l’aventure, j’ai été encore plus agréablement surpris. Je vous invite donc à me suivre pour partir explorer la planète Tau Ceti f en quête d’un espoir pour l’humanité.

Gameplay : un plaisir à maîtriser

Je commence tout de suite avec ce qui façonne le cœur d’un jeu : le gameplay. Concernant ce dernier, Directive 8020 n’innove pas tant que ça par rapport aux autres opus étant donné qu’on va surtout être dans un jeu où les QTE peuvent survenir à tout moment et où les choix ont une importance. Une expérience narrative comme sait très bien le faire le studio qui va pourtant améliorer la formule sur d’autres aspects. Tout d’abord, il est important de noter que tout fonctionne très bien là où certaines œuvres de la Dark Pictures Anthology pouvait pêcher niveau technique avec aussi quelques bugs. Ici tout est propre et on enchaîne aisément les chapitres. Mais ce qui va vraiment retenir l’attention n’est autre que la manière dont va être mis en scène l’atout principal du récit : les choix. Ce sont eux qui vont vraiment pousser le joueur à réfléchir aux décisions à prendre pour faire survivre toute cette équipe. Mais ce que j’apprécie, c’est justement la grande diversité des possibilités et la capacité à revenir aisément quelques chapitres précédents pour changer l’avenir de nos héros. En effet, il y a deux modes qui sont proposés. L’un nous oblige à suivre l’histoire en assumant les conséquences de nos choix jusqu’à la fin (et ce sera seulement là que l’on pourra revenir en arrière). Le second nous permet, à tout instant, de revivre une scène précédente. Et c’est en posant les yeux sur l’arborescence des possibilités à chaque chapitre que l’on se rend compte des nombreuses variantes pouvant exister par rapport à ce que l’on choisit. C’est juste grisant de voir tous ces embranchements se dévoiler et nous permettre d’obtenir les différentes fins, mais aussi de tester constamment de nouvelles voies. Je trouve justement que le studio a su habilement jouer là-dessus pour nous donner envie de refaire plusieurs runs et ainsi débloquer un maximum de contenus. De plus, on laisse une plus grande part à l’exploration du vaisseau afin de dénicher, dans chaque épisode, les divers documents nous permettant de mieux cerner ce qui se passe.

Directive 8020 - réveil


Scénario : une belle surprise aux multiples inspirations

Concernant le scénario, on peut avoir l’impression, de prime abord, d’être en terrain connu. On se retrouve au sein d’un vaisseau spatial : le Cassiopeia. Le rôle de l’équipage est de se rendre sur la planète Tau Ceti f afin de voir si celle-ci est bien viable pour la survie de l’espèce humaine. Une mission de colonisation et de repérage qui nous installe directement des enjeux, mais aussi la principale menace qui va assaillir nos protagonistes. On voit alors tout de suite bon nombre de références autant par rapport à ce “terrain de jeu” qu’à l’ennemi qui envahit le vaisseau. On y retrouve des éléments pouvant faire penser à du Alien, mais aussi à du The Thing pour bien des raisons. Et c’est justement là que le titre va réussir à se démarquer autant dans l’immersion du joueur que le développement de son intrigue. En fait, on prend conscience du danger qui guette nos personnages et surtout du fait que l’on ne peut pas forcément faire confiance aux gens qui nous entourent. Une tension supplémentaire qui va monter crescendo au fur et à mesure que l’on avance dans l’histoire. On partage alors la paranoïa de cet équipage qui ne sait plus ce qu’il doit croire. Et au-delà de la menace immédiate, cette aventure nous réserve aussi un sacré rebondissement que je n’avais pas forcément vu d’entrée de jeu. Un retournement de situation qui nous fait voir d’un autre œil toute cette entreprise et amène aussi bien d’autres thématiques sur la table. J’ai été plus qu’agréablement surpris par le scénario qui ne se contente pas juste de surfer sur les influences qu’il peut avoir. Au contraire, il nous questionne sur notre propre humanité et ce qui est préférable entre celle-ci ou la survie de la population. On voit alors d’un autre œil tout ce que l’on a vécu jusqu’à maintenant et on est alors tiraillé par rapport aux choix qui sont à faire.


Personnages : un casting simple, mais efficace

Concernant les personnages que l’on va incarner à tour de rôle, je trouve que l’on a le droit à un bon casting. Si cela pouvait parfois être en dents de scie sur certains épisodes précédents de l’anthologie, ici tout fonctionne correctement. En fait, nous avons le droit à cinq personnages centraux et plusieurs autres membres de l’équipage qui vont aussi avoir une incidence sur les événements. Très souvent, dans la “Dark Pictures Anthology” nous faisions face à des archétypes très convenus notamment quand on connaît les tropes des films d’horreur. Ici, on reste sur des stéréotypes pour certains, mais ça n’est jamais prononcé à un tel point que nos protagonistes en deviennent risibles. Au contraire, je trouve qu’ils arrivent à tous avoir leur moment et à proposer une approche différente de ce qu’il se passe au sein de ce vaisseau. S’il y a juste un membre de l’équipe qui est pensée avant tout pour susciter l’agacement, le reste de la troupe fait de son mieux pour survivre. On n’est jamais dans une volonté de trahir ou abandonner les autres si ce n’est par la décision du joueur. Au contraire, on voit surtout des hommes et des femmes lutter au mieux ensemble pour aller de l’avant même quand l’incertitude gangrène leurs liens. C’est ça que j’apprécie, car nous ne sommes pas face à des gens qui peuvent avoir des comportements stupides, mais des astronautes expérimentés qui font au mieux pour s’adapter à cet environnement cauchemardesque. Ils affrontent la menace malgré la peur et le désespoir dans l’unique but d’accomplir leur objectif et rester en vie. A cela s’ajoute aussi, entre certains personnages, une alchimie particulièrement réussie. On a alors envie que non seulement un max puisse s’en sortir, mais aussi qu’ils y arrivent en restant soudés.

Directive 8020 - casting


Univers : un nouveau segment de cette anthologie

On pourrait croire que Directive 8020 n’a pas forcément un univers extrêmement développé étant donné que l’on est sur une aventure courte centrant principalement son action sur le Cassiopeia. Pourtant, il y a beaucoup plus à décortiquer que ce que l’on pourrait croire. Déjà, il y a plusieurs liens qui sont faits avec d’autres titres de l’anthologie donnant justement l’impression que tout est lié. Et même sans le prisme de cette collection, ce jeu a énormément à offrir en matière de construction de son univers. Après tout, on nous parle d’une Terre qui semble péricliter, une mission de colonisation aux enjeux vitaux pour l’humanité et d’une menace mystérieuse qui pourrait tout éradiquer. Chaque document et élément que l’on va obtenir nous permettent de mieux entrevoir les contours de ce qui se passe, mais aussi les possibilités derrière cette histoire. On imagine tout un tas de scénarios concernant cette fameuse mission, mais aussi ce qui a bien pu se passer. Nous ne sommes pas uniquement ici pour jouer une simple aventure horrifique dans l’espace. Il y a quelque chose qui se façonne autour de ce noyau pour donner envie d’en apprendre plus. On réfléchit et l’on se met à faire des connexions pour essayer de comprendre jusqu’où ils peuvent développer ce lore qui s’est construit au fil des opus. C’est aussi ça qui rend cette anthologie aussi plaisante à découvrir et à parcourir. On veut en voir plus et comprendre tout ce qui peut être connecté. On peut autant voir Directive 8020 par le prisme de cette quête de survie au sein du vaisseau qu’à travers un récit bien plus grand et conséquent. Une belle promesse sur le long terme.


Directive 8020 nous questionne

Finalement, Directive 8020 est sûrement mon opus préféré de la “Dark Pictures Anthology” imaginée par Supermassive Game. J’ai beaucoup apprécié tous les petits ajouts apportés avec, notamment, cette capacité à revenir facilement aux différents nœuds de l’histoire. Je me suis éclaté à essayer tout plein de scénarios possibles. C’est aussi en enchaînant ces runs que j’ai aussi pris beaucoup de plaisir à simplement comprendre et décortiquer tout ce qu’il y avait au-delà de cette quête pour survivre. Alors oui, nous ne sommes pas face à une révolution du genre. Le jeu narratif est ici maîtrisé, bien plus solide que les précédents avec un casting qui fonctionne très bien. Mais surtout, j’ai été surpris par la direction qu’a pris le scénario alors que je m’attendais juste à une œuvre jouant sur des codes déjà vus en la matière. Il ne faut pas longtemps pour aller au bout de l’histoire, mais avec ses nombreux embranchements possibles, le titre s’offre une très belle rejouabilité. On peut alors s’éclater à faire différents tests pour voir ce qui ressortira de tel changement. Est-ce que la disparition d’un membre de l’équipage va radicalement changer l’avenir de l’ensemble ? Et puis j’ai fini par avoir de la sympathie pour ce groupe qui ignore tout de la réelle portée de leur mission. Sans être vraiment terrifiant, le jeu se veut plus angoissant et sait utiliser les bons leviers pour la déclencher. D’ailleurs, un petit plus aussi sur le doublage VF qui nous offre une belle petite prestation. Il en ressort donc une aventure narrative qui n’est pas là pour nous transcender, mais nous délivrer un récit solide où l’on va passer un bon moment devant. Il faut souligner cette capacité du studio à améliorer son idée de base afin de renforcer tout ce qui a pu être établi auparavant.

Directive 8020 - perso

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