007 First Light : l’homme avant le chiffre
Comme vous le savez, j’aime beaucoup ces derniers temps vous proposer des articles autour des jeux que j’ai pu faire. Et ce n’est pas prêt de s’arrêter tant il y a de jeux à découvrir et de choses à dire dessus. Pour aujourd’hui, on va se tourner du côté de IO Interactive à qui l’on doit l’excellent travail sur la saga Hitman. Le studio a su donner un second souffle à cette licence et quand on a découvert qu’il s’occupait d’un jeu James Bond, j’étais très enthousiaste. En effet, c’est à la fois un personnage qui colle bien à ce qu’ils ont pu faire par le passé tout en amenant de nouvelles choses inédites. J’étais curieux de voir le résultat final de ce 007 First Light et maintenant que je l’ai fini à 100%, il est grand temps de vous faire mon retour dessus. D’ailleurs, cela faisait bien longtemps que l’on n’avait pas eu un jeu vidéo tiré de cette licence culte alors que pourtant il y aurait largement de quoi faire. Surtout que ce que nous propose ici le studio est une toute nouvelle itération où l’on suit un James faisant son entrée au MI6. Repartir de zéro pour ainsi construire sa propre vision du plus célèbre des espions. Pari réussi ou non ? Il est temps d’y répondre à travers différents points du jeu.
Gameplay : permis de tuer
On commence tout de suite avec l’élément premier de tout jeu vidéo : le gameplay. 007 First Light est un jeu de tir, d’infiltration et d’action qui a la lourde tâche de réussir à retranscrire, manette en main, tout ce qui fait l’univers de James Bond. Comme j’ai pu l’évoquer en introduction, on voit que le savoir-faire développé sur la licence Hitman a été utilisé ici pour nous offrir des niveaux avec de nombreuses approches possibles et des défis à relever permettant d’ajouter de la rejouabilité. Un excellent point surtout au vu de la maîtrise du studio sur le sujet. Mais il ne fallait surtout pas tomber dans une redite de leurs précédentes productions. Sur ce point, ils ont su bien gérer ça en parvenant à trouver un équilibre justement entre phases d’espionnage / infiltration et gunfight spectaculaires. En fait, je trouve que les mécaniques de jeu contribuent énormément à l’aspect cinématographique du jeu, car on a vraiment la sensation d’être dans la peau de cet espion en devenir qui peut autant choisir de jouer les roublards pour atteindre sa cible que d’y aller franco. Et franchement, mis à part des ennemis assez faciles à berner ou à vaincre, le jeu propose un gameplay solide où l’on peut facilement endosser ce nouveau rôle. Les phases de tir sont aussi efficaces et impressionnantes. Le seul bémol concerne les phases en voiture qui sont un peu anecdotiques ou peu présentes. Un autre point qu’il est important de souligner est qu’ils ont parfaitement su intégrer la mécanique des gadgets de Q. Ainsi, on choisit minutieusement ceux que l’on veut emporter pour notre prochaine mission et ça peut totalement changer notre approche concernant l’objectif en cours. Téléphone fléchette, montre laser, stylo missile et autres inventions délirantes sont disponibles et ajoutent toujours plus de cordes à notre arc. Un excellent gameplay qui a su poser des bases solides pour de possibles opus à venir.

Scénario : James ne meurt jamais
On s’attaque maintenant au scénario de ce 007 First Light et je dois dire que j’ai été agréablement surpris. A la base, je ne suis pas le plus grand fan de tout ce qui touche au monde de l’espionnage, et même à la licence James Bond. J’ai vu pas mal de films, mais je n’ai jamais eu de réel coup de cœur pour l’un d’entre eux. Mais je dois avouer que ce jeu a su me séduire à ce niveau-là. Nous ne sommes pas dans quelque chose d’original, mais sur une trame narrative qui colle très bien à l’univers de cet espion tout en parvenant à traiter de sujets d’actualité. Car oui, cette itération se concentre sur une époque contemporaine et va notamment aborder la pertinence du programme 00 face à tout ce qui concerne l’avancée de l’intelligence artificielle. Et je dois dire que ça fonctionne très bien. On suit l’histoire avec plaisir et l’on apprécie justement d’assister à la naissance de ce nouveau Bond. On le voit loin d’être un expert en espionnage et devenir progressivement celui que l’on peut connaître. Je trouve que c’est une approche pertinente étant donné que ça donne le sentiment d’assister à quelque chose de nouveau autour de ce personnage. Il est loin d’être un vétéran et on sent justement cette “insubordination” qui le caractérise et reflète aussi son tempérament fougueux. En outre, j’ai trouvé aussi que l’alchimie entre les divers personnages fonctionnait à merveille et permettait d’avoir un attachement pour bon nombre d’entre eux. Pareil pour les méchants que j’ai apprécié découvrir notamment deux d’entre eux. La narration et la forme sont classiques, mais c’est si bien maîtrisé que l’on savoure chaque instant. Surtout que le rythme est pensé pour ne pas offrir de réels temps morts et que l’on ait vraiment l’impression d’être dans un récit qui aurait très bien pu prendre vie sur grand écran.
Personnages : les acteurs sont éternels
Pour un jeu comme 007 First Light qui veut autant cinématographique et qui est un peu l’héritage de tout ce qui s’est construit autour de la licence avec les longs-métrages, il est important de parler des personnages. En effet, ce sont eux qui vont porter le jeu et l’incarner. De plus, comme nous sommes dans une réécriture de James Bond, nous posons les yeux sur de nouvelles versions d’autres figures marquantes du MI6. On peut citer M et Q par exemple qui ont été très bien trouvés. En effet, la première cherche à tout prix à faire renaître le programme 00 tout en sachant pertinemment placer ses pions tandis que le second est notre cher inventeur qui a une classe incroyable tout du long. Pareil pour James qui est incarné avec brio pour donner vie à un espion en devenir qui se laisse le plus souvent guider par son instinct que les consignes qu’on peut lui donner. Je pourrais facilement revenir sur énormément d’autres personnages qui vont tous apporter quelque chose à cette aventure comme par exemple Greenway dont j’ai adoré l’évolution et les interactions. Quand on prend le jeu dans son ensemble, on se rend compte que nous sommes face à des acteurs et actrices qui ne sont pas forcément dans des rôles surprenants. On reste sur des tropes assez connus, mais c’est fait avec une telle maîtrise et une interprétation remarquable que l’on y croit sans problème. Et c’est ça que je trouve remarquable sur ce point. On s’attache à ce casting qui contribue énormément à notre immersion au sein de cette nouvelle aventure d’espionnage. On endosse ici parfaitement l’identité propre à la saga et ça se ressent dans chaque rencontre tout en ayant ce petit vent de fraîcheur permettant à un nouveau public de s’intéresser aux épopées du fameux 007.

Univers : un seul chemin ne suffit pas
Concernant l’univers en lui-même, je trouve que l’on est encore sur une facette qualitative de ce 007 First Light. On va explorer de nombreuses zones différentes nous emmenant aux quatre coins du globe. Magnifiquement représentés, ces décors vont autant servir de terrain de jeu au joueur que de scènes pour développer l’ensemble de cet univers. Et je trouve que le jeu arrive à installer des bases solides tout en se forgeant sa propre identité. Par exemple, les divers collectibles à récolter vont autant contribuer à en apprendre plus sur tout ce qui nous entoure que nous offrir aussi quelques clins d’œil sympathiques à de précédentes aventures de ceux qui ont incarné 007. C’est pour ça que First Light est aussi intéressant. Il porte en lui un important héritage tout en parvenant à s’en détacher suffisamment pour que l’on ait l’impression que l’on ne soit pas sur une simple redite. On sourit en voyant des éléments mythiques de la licence et en même temps on veut en apprendre plus sur tout ce qui entoure cette nouvelle version du MI6, de ses opposants ainsi que de l’état global de ce monde au fur et à mesure de nos découvertes. D’ailleurs, cela se ressent totalement l’envie de créer une trilogie qu’un simple one shot. On en veut plus surtout qu’il y a énormément de zones d’ombre ou de mystères qui n’ont pas forcément été éclaircis durant ces quelques heures de jeu. Ce qui fait qu’en plus d’être attiré par ce qui nous est présenté au fil des chapitres, on ressent aussi une frustration bienvenue de ne pas avoir toutes les réponses. Une manière pertinente de nous donner envie d’avoir un deuxième épisode. C’est pour ça que je trouve que l’univers en lui-même est important, car il ne se focalise pas juste sur l’instant T, mais sur la durée. Un premier acte réussi qui installe les fondations de ce qui pourrait être une excellente licence vidéoludique.
007 First Light réécrit sa légende
Il est l’heure de clore cette chronique et vous l’aurez compris, j’ai beaucoup apprécié ce 007 First Light. En fait, on a ici une très bonne revisite du mythe de ce célèbre espion afin de lui offrir une nouvelle origin story. Ceci fonctionne à merveille tant il y a une excellente construction narrative du personnage et de son intégration au MI6. De plus, on sent que IO Interactive a su utiliser tout son savoir-faire travaillé dans la licence Hitman pour proposer un jeu qui soit fun et où chaque niveau regorge de défis à réaliser. Sans pour autant faire un copier-coller de cette autre licence, les développeurs ont su incorporer une grande phase d’action. Ainsi, on peut facilement alterner infiltration, gunfight et enquête pour avancer tout au long du scénario. Alors oui, le jeu ne réinvente rien, mais il maîtrise bien tout ce qu’il fait. Même s’il y a des choses à perfectionner, le jeu est suffisamment solide pour nous tenir en haleine tout au long de cette aventure. De plus, j’ai apprécié redécouvrir James Bond sous un angle différent ainsi qu’une époque bien plus contemporaine avec ses thématiques liées. On a vraiment le sentiment d’avoir devant nous un titre qui pourrait être retranscrit au cinéma. Et c’est finalement ça que l’on recherche dans une telle proposition. Retrouver tout ce qui a fait l’iconographie de ce personnage culte tout en parvenant à y insuffler la touche personnelle du studio. C’est donc un pari réussi pour ce récit d’espionnage en compagnie d’un Bond commençant tout juste sa légende. Pour moi, c’est un grand oui et un excellent divertissement où le seul vrai bémol aurait été d’avoir une VF. Mise à part, on a tout ce qu’il faut ici pour passer un excellent moment en compagnie de cet espion qui sait autant être impertinent que séducteur.


