The Witch and the Beast 2

The Witch and the Beast : nos 5 raisons de commencer

Cela faisait longtemps que l’on ne vous avait pas proposé un nouveau numéro de “nos 5 raisons de commencer” par rapport à un titre en particulier. Si vous nous suivez sur les réseaux, sur le site ou même en live, vous avez dû vous rendre compte qu’il y a une série dont on parle grandement. Il s’agit de The Witch and the Beast, édité chez Pika, qui a fait ses débuts cette année. Si les deux premiers tomes étaient déjà un immense coup de cœur, on attendait l’arrivée de la suite pour écrire cet article afin de cerner au mieux ce qui fait l’attrait de ce manga. Alors que l’on pose notre regard sur de nombreuses licences déjà très attendues, il faut aussi se tourner vers des sagas qui n’ont pas forcément la même aura de base, mais qui cachent des trésors de créativité et de qualités. C’est ce que l’on va essayer de développer dans ces quelques lignes concernant cet ouvrage tout récent et qui est déjà parvenu à nous faire vivre une formidable introduction. Un long voyage nous attend en compagnie de terribles sorcières. Voici donc cinq points qui rendent cette licence aussi prometteuse à nos yeux.

Une esthétique soignée

The Witch and the Beast T1

Autant commencer par l’un des éléments qui saute aux yeux assez rapidement quand on se plonge dans The Witch and the Beast qui n’est autre que le dessin. Le mangaka fait un remarquable pour que celui-ci ne soit pas uniquement beau à contempler. L’ensemble de la direction artistique contribue à renforcer l’aura de la série. L’élégance du trait permet de souligner habilement la délicatesse de l’œuvre tout en offrant un spectacle toujours plus impressionnant. En effet, les moments d’accalmie nous permettent d’admirer des personnages sublimes et dès lors que l’action prend le pas, on est emporté dans un rythme soutenu permis grâce aux visuels qui se dessinent devant nous. Cette série montre à merveille à quel point le dessin n’est pas uniquement une question de beauté, mais qu’il contribue grandement à l’expérience que le lecteur va vivre. La splendeur des décors nous émerveille dès le premier regard avant de finalement dévoiler des zones et histoires bien plus sinistres qui vont nous emporter au cœur de l’intrigue. Un subtil équilibre dans les planches entre la lumière et l’obscurité qui va nourrir l’influence qu’a ce décor sur nous. On se retrouve donc face à une fresque qui a encore beaucoup de choses à nous raconter, mais dont les premiers coups de pinceau de l’auteur suffisent amplement à capter notre attention.


Un univers à la fois envoûtant et dramatique

The Witch and the Beast T2

On a pu l’évoquer un peu plus haut, mais le monde dans lequel on évolue à travers cette lecture est fascinant. The Witch and the Beast ne s’arrête jamais de jouer avec vitrine qui nous semble alléchante en nous proposant des lieux magiques et enchanteurs avant de finalement nous montrer ce qu’il se passe en coulisses. On est alors stupéfait et terrifié par les horreurs qui peuvent se passer sur ces terres et où l’image de la sorcière est poussée vers un mal bien présent. Il n’est pourtant pas question ici de s’axer sur un récit purement manichéen, mais de jouer avec toutes ces nuances afin que le lecteur soit constamment ballotté entre son extase des endroits visités et l’inquiétude propre aux menaces qui peuvent surgir à tout instant. Cela s’exprime à merveille dès la première affaire qui est une habile démonstration de tout ce qui peut se passer dans cet univers où la magie est synonyme de malheur. En dehors de ça, on sent que le mangaka ne souhaite pas s’arrêter uniquement à un lieu spécifique ou à un chemin tout tracé. Il a envie d’éveiller en nous ce désir de parcourir ces régions même après que l’on ait assisté à l’enfer qui peut frapper certaines populations. Une série qui montre deux facettes bien distinctes, mais qui cohabitent en harmonie tant elles sont complémentaires. Une remarquable façon de saisir le spectateur qui ne peut se défaire de ce qu’il peut observer.


Un récit qui sait surprendre

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Voilà un élément qui peut sembler étrange étant donné que l’on a seulement trois volumes qui sont parus et pourtant le mangaka n’hésite aucunement à jouer la carte de la surprise. Cela s’exprime autant d’un point de vue scénaristique que dans la construction même du manga. Pour ce qui est du premier, dès l’introduction on va être étonné par la tournure des événements. Alors que tout laisse supposer que l’on va avoir le droit à un conte assez soyeux et d’une grande beauté, on change très vite d’opinion. Cette efficacité vient du climat établi et aussi des éléments trompeurs qui nous amènent sur une voie pour finalement que l’on se retrouve sur un sentier bien différent. On est donc à la merci de ces rebondissements et révélations qui vont avoir un impact considérable sur l’attrait que l’on a pour l’histoire. En plus de ça, The Witch and the Beast n’hésite pas aussi à nous déstabiliser de façon intelligente dans la narration. Le mangaka va ainsi se permettre de créer toute une partie de son œuvre pour mettre en avant d’autres personnages sans que l’on n’ait plus le moindre contact avec notre duo. Cela fonctionne à merveille tant l’écriture et la mise en scène vont être travaillées. Voilà une série qui n’attend pas pour chercher à étonner le lecteur et qui le fait avec brio sans que cela n’affecte nullement le rythme ni notre immersion.


Des personnages charismatiques

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Si The Witch and the Beast est aussi intéressant, c’est aussi concernant les divers protagonistes que l’on va suivre. Bien évidemment, notre tandem central prend une place prépondérante dans l’aventure. D’un côté on a un sorcier gentleman qui ne semble jamais perdre son sang-froid et de l’autre on a une jeune femme sanguine qui n’hésite pas à foncer dans le tas. Deux êtres diamétralement opposés, mais qui justement donnent ensemble un cocktail explosif. C’est encore plus vrai quand on comprend ce qui se cache derrière leur histoire et leurs raisons d’accomplir toutes ces missions. Cependant, ils ne sont pas les seuls à briller sur le devant de la scène. On pense notamment à cet autre duo qui va totalement les éclipser pendant toute la moitié d’un tome et nous montrer à quel point l’auteur peut proposer un travail d’écriture approfondi pour chacun de ses acteurs. Ce qui est génial avec tous ces personnages, c’est qu’ils ne sont pas ancrés dans un stéréotype. Ils ont chacun une personnalité qui se démarque des autres et qui parvient à raconter quelque chose d’encore plus grand. Sans oublier aussi toutes les sorcières, mages et autres figures secondaires qui ont aussi leur importance dans cette histoire. Des âmes esseulées dans ce monde où la haine, la peur et la tristesse peuvent rapidement prendre le pas sur tout le reste.


Une écriture maîtrisée

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Pour finir cette petite sélection autour de The Witch and the Beast, il était impossible de ne pas parler de l’écriture de manière générale. En effet, cet élément est sûrement le plus important ici et va apporter énormément aux divers éléments que l’on a mis en avant un peu plus haut. Le mangaka cherche constamment à renouveler l’intérêt que l’on peut avoir pour son œuvre, et cela, dès les premiers chapitres. Si l’on peut croire, au départ, que le récit est convenu, celui-ci va rapidement nous prendre par surprise pour nous prouver que les apparences peuvent être trompeuses. De même, l’intrigue qui nous est présentée va se mêler à un environnement propice à une multitude d’histoires annexes pouvant être aussi captivantes. En fait, on a presque ce désir que l’histoire s’étale sur une longue période, tant on est fasciné par ce qui nous entoure. Une imagination débordante qui va transformer le mythe de la sorcière pour en faire un cauchemar attrayant. Le charme de la série s’opère en seulement quelques minutes grâce à la maîtrise de toutes ces parties qui, une fois réunies, offrent un tableau aux multiples nuances. Une saga qui ne s’écrit pas uniquement autour d’un duo, mais tout autour d’un univers qui est un terreau fertile pour nous émerveiller encore un long moment. Une narration qui se joue sur plusieurs plans et laisse imaginer un potentiel énorme en matière d’évolution du scénario.

© 2016 Satake Kosuke, Kodansha

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